Alors que la saison 2 de The Last of Us s’est achevée sur un cliffhanger redoutable, un détail inséré dans l’épisode 6, sobrement intitulé « The Price », éclaire d’un jour nouveau la complexité du personnage de Joel. En revenant sur un moment clé de son adolescence, la série HBO apporte une explication émotionnelle et narrative à sa brutalité récurrente : elle ne vient pas de nulle part.
Pour la première fois, on découvre les origines de sa violence à travers une scène de 1983 mettant en scène Joel et son frère Tommy, confrontés à un père autoritaire. Incarné par Tony Dalton, Javier Miller incarne un homme marqué par la transmission intergénérationnelle des abus. Mais contrairement à ce que l’on aurait pu croire, cette brutalité ne se perpétue pas aveuglément. Javier tente de briser le cycle, affirmant à Joel qu’il essaie de « faire mieux que [son] père ». Une phrase simple, mais capitale.
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ToggleUne symbolique cachée dans la montre, révélée 20 ans plus tard
L’émotion de cette séquence repose aussi sur un élément visuel précis : la montre que porte le père de Joel. Elle est discrète à l’écran, mais son importance devient centrale lorsqu’on fait le lien avec celle que Sarah offre à Joel dans la saison 1, juste avant le chaos. Ce n’est pas une montre quelconque : elle appartenait déjà à Javier.
Ce transfert d’objet à travers les générations devient le fil conducteur d’une symbolique silencieuse : celle du fardeau que Joel a hérité, et qu’il transmet malgré lui. Lorsque Ellie découvre la montre dans la chambre de Joel, elle choisit de la laisser derrière elle. Elle opte pour le pistolet. Ce choix n’est pas anodin : il montre que malgré l’amour qu’elle portait à Joel, Ellie choisit la voie de la violence, celle qui les a toujours unis, mais aussi celle qui continue le cycle, au lieu de le rompre.
Une scène inspirée par les vécus personnels des créateurs
Le poids émotionnel de cette séquence tient aussi à sa sincérité. Neil Druckmann et Craig Mazin, showrunners de la série, ont évoqué dans le podcast officiel leurs propres histoires familiales. Tous deux ont grandi dans des environnements marqués par une discipline physique stricte. S’ils ne reproduisent pas ces schémas aujourd’hui avec leurs enfants, ils expliquent vouloir transmettre cette idée dans la série : chaque génération peut choisir de faire mieux.
L’épisode 6 illustre cette volonté en ancrant le personnage de Joel dans une histoire familiale douloureuse, mais aussi en montrant un père qui tente de changer, même imparfaitement. Cette volonté de réécrire le passé à travers ses enfants constitue l’un des thèmes les plus puissants de The Last of Us, déjà très présent dans le jeu, mais ici enrichi par une narration visuelle et émotionnelle plus fine.
Pourquoi ce choix scénaristique bouleverse l’image de Joel ?
Joel est souvent vu comme un personnage dur, voire implacable. Cette origine dévoilée dans la série nuance cette perception. Il n’est pas uniquement brutal par nécessité : il est le produit d’une lignée, d’un système, et d’un choix conscient d’en limiter les effets sans parvenir à les effacer.
Le fait qu’il n’exerce jamais cette violence sur Sarah ou Ellie renforce cette idée. Mais le dilemme moral reste entier : protéger à tout prix, quitte à tuer, est-ce faire mieux que son père ? Ou simplement prolonger une logique de défense par la force ? La série ne donne pas de réponse définitive, mais pousse le spectateur à se poser la question.
La saison 3, attendue pour 2027, poursuivra cette introspection. Et à la lumière de cette révélation, chaque geste d’Ellie à venir portera une question cruciale : choisira-t-elle, elle aussi, de faire mieux ? Vous avez un avis sur ce choix scénaristique ? Partagez-le en commentaire.